• texte accueil 1 (Patrice Repusseau)

        Serge Paillard est né en 1958, il vit et travaille à Laval. Il propose un ensemble de dessins et de peintures consacrés à la pomme de terre.

      Dans la Mayenne aux dehors verdoyants, dont il goûte tant le spectacle, Serge Paillard est avant tout un homme du dedans. Sous la peau du tangible, il aime à débusquer des paysages de fantaisie qui n'ont rien de chimères, mais participent de la poésie, du réel indéniable.

    Artiste discret, Serge Paillard poursuit son chemin silencieux à l'écart des modes. C'est d'ailleurs plutôt son chemin qui le poursuit car, comme tous les êtres inspirés, il est agi plus qu'il ne fait lui-même.

    Serge Paillard avait déjà peint des légumes en 1996, mais, à l'automne 2002, il entama un cycle de dessins noirs et blancs réalisés à l'encre et consacrés aux pommes de terre.

    Dans certaines peintures de 1997, Serge Paillard présentait déjà des légumes à l'aura aussi lumineuse que des ampoules électriques, et ces pommes de terre sont également auréolées d'un nimbe comme si, toutes, à leur façon, rayonnaient de la source de vie.

    Pour l'artiste, ces représentations sont des icônes, des images sacrées.

    Sous un aspect humble et même souvent cocasse, elles figurent toutes un monde qui les déborde, en même temps qu'elles transportent le spectateur au pays des merveilles. Ce sont autant de petites stations sur un chemin de poésie, car Serge Paillard est poète. Sous des dehors volontiers drôles, inattendus, il nous parle du dedans, du mystère, c'est-à-dire du monde réel, et ce, avec raffinement.

    Peu après l'ensemble des Terriers du ciel, Serge Paillard commença une étonnante série de dessins et de peintures de pommes de terre, des images très inspirées, toutes très proches de la gravure par leur minutie réaliste, volontiers surréelle. Ce véritable voyage en Patatonie compte plus d'une centaine (150) de pièces. Ces pommes de terre nous emmènent souvent en pays inconnu : Pomme de terre en Patatonie (cartographie), Pomme des terres lointaines…

     

    Patrice Repusseau